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Parfois des mots semblent flotter dans l’air du temps. Comme en accord avec une tonalité générale des choses, ils parviennent à modeler les manières de penser, de ressentir et finalement de vivre. C’est dire que de tels mots sont, au moins dans la période qui les portent, chargés de puissance. C’est ainsi qu’aujourd’hui l’austérité est dans toutes les bouches et souvent dans tous les esprits. La conscience que les temps sont difficiles, que des efforts sont sans doute nécessaires mais encore plus douloureux en intensifie encore la présence. Tant et si bien que la référence à elle paraît souvent être devenue une figure obligée du discours collectif, un peu comme si l’on se devait de dire « le pire reste à venir » dans la crainte de ne pas être crédible. Et pourtant, est-il véritablement possible de vivre sans attente ni espérance ? Sans rêver à ces lendemains qui chantent mais arrivent bien rarement, quelle place donner aux actes de l’homme et au pouvoir immense du bonheur et de la joie ?
C’est peut-être justement en de tels moments que la vérité des choses se fait jour plus facilement. Le mot est connu dans la tradition ‘hassidique : lorsqu’une armée part au combat, elle y va avec un chant de joie et c’est précisément cette joie qui lui apporte la victoire. Cela est également vrai dans notre vie quotidienne. Celui qui veut mener un bien à projet ne peut envisager son échec ; ce serait là manière certaine de le voir se produire. Alors faut-il faire preuve d’irréalisme ? Faut-il faire semblant de croire que tout va pour le mieux ? Se mentir à soi-même n’a jamais été d’aucune utilité. Cependant savoir que nous avons en nous la capacité du changement, que nous pouvons transformer les choses, ne pas nous laisser dominer par elles, est le gage du succès.
Joie du service de D.ieu, joie dans l’existence de tous les jours, joie en nous et autour de nous, espoir éternel : ce sont les ressorts de la vie. En ce temps également plus austère rituellement qu’est la période de l’Omer, nous détenons cette expérience précieuse : la vie est toujours plus forte, par nature la lumière vainc l’obscurité. Vie et lumière, judaïté vivante : laissons-les donc entrer !
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