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A l’heure où ces lignes sont écrites chacun est encore sous le choc qu’a constitué le monstrueux attentat qui a frappé tant d’innocents dans Paris. Déjà, les noms des assassins commencent à circuler et déjà, chacun s’emploie à tirer les conséquences du drame. Aujourd’hui encore, l’émotion et l’inquiétude sont palpables mais, nous le pressentons tous, tout cela redescendra sans doute trop vite et, le temps faisant son œuvre, chacun retournera à ses occupations habituelles. N’est-ce pas la règle de la vie ? Pourtant, quelque chose aura changé dans la manière collective de voir le monde. Une certaine inquiétude transparaîtra encore, et probablement longtemps. Si des hommes sont prêts, dans nos pays, à massacrer leurs semblables au nom d’idéologies délétères, comment envisager l’avenir avec sérénité ? Certes, il y a ici une éducation à mettre en place, les forces de l’esprit à mobiliser mais cela reste une entreprise de longue haleine alors que c’est un problème immédiat que nous affrontons. Comment résoudre cette crise quand la difficulté et sa solution ne paraissent pas obéir au même calendrier ? Alors, puisque combat il y a, comment l’entreprendre avec quelque chance de victoire ?
Au-delà des mesures indispensables de sécurité, la réponse doit être, à n’en pas douter, collective. Mais elle n’aura de valeur durable que si elle est également individuelle tant il est vrai que les grandes luttes ne s’analysent pas seulement comme la rencontre de deux armées mais bien comme celles, multiples, des individus. Cet affrontement-là est constant et il doit être serein. Car, si les terroristes s’avancent avec la force des armes, nous possédons cette puissance qui vient de la conviction et de la confiance, en un mot de l’âme. Lorsqu’on regarde l’histoire du peuple juif, on ne peut que relever à quel point, au travers des drames, il est resté fidèle à lui-même. Les empires se sont levés, l’ont souvent opprimé puis sont tombés ; il est resté, témoin inébranlable des choses. Les événements terribles que nous venons de connaître doivent être pour chacun une raison nouvelle de vivre pleinement ce qu’il est. Si nous voulons être toujours libres, il faut que notre cœur, notre esprit et notre âme se ressentent tels. Il faut que nos actes soient comme des cris de liberté lancés à la face des assassins et de ceux qui les manipulent. La conscience et la confiance font partie de notre nature. Ne sommes-nous pas des porteurs de lumière ?
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