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« Les hommes se rassemblent naturellement autour de la lumière » a-t-on l’habitude de dire. Et c’est là un fait observable dans la vie quotidienne. Lorsqu’il fait sombre, que la nuit tombe, il suffit de créer un point de lumière pour que tout ce qui vit vienne s’y retrouver. Il est inutile de rappeler ici l’obscurité des temps. Quand les règles élémentaires de la civilisation semblent avoir disparu chez certains et ne plus apparaître comme allant de soi chez d’autres, quand les forces de la vie se ressentent, chez certains, comme assiégées, on peut dire, sans exagération, que les ombrent montent. C’est en de telles périodes que la lumière revêt sa pleine puissance et que l’homme, que la facilité a déshabitué à la regarder, réapprend son caractère précieux.
Le 19 Kislev – l’anniversaire de la libération de prison de Rabbi Chnéor Zalman de Lyadi dans la Russie tsariste, signe matériel de la libération du sens profond de la Torah pour une vie spirituelle renouvelée – suivi de ‘Hanoucca, la si bien nommée « fête des lumières », constituent toujours des accents toniques mis sur le déroulement des jours. Cette année, ils sont d’authentiques jours où brille la clarté de la conscience. Ils sont aussi des moments de retrouvaille, avec soi-même et avec tous. Car il faut dire au monde que la lumière qui se répand ainsi est invincible. Il faut affirmer que, sachant ce que nous sommes, nous apportons la meilleure et la plus grande des réponses. Le 19 Kislev donne à l’âme la lumière de la compréhension profonde de la Torah et ainsi les clés de la liberté. ‘Hanoucca éclaire le monde d’une lumière que rien ne peut éteindre et chasse ainsi toute oppression. L’un et l’autre attestent que l’esprit est plus fort que la barbarie, aussi violente soit-elle.
Nous sommes les acteurs de cette illumination si nécessaire. Saisissons-nous de ces instants. Ne les laissons pas simplement passer comme des fragments de temps anodins. Vivons-les, ils sont en résonance avec le meilleur de ce que nous sommes. C’est sans doute quand le monde paraît vaciller qu’il faut retrouver ses points d’ancrage. Ils sont devant nous : nos rendez-vous.
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