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Le monde compte de nombreuses et merveilleuses villes. Elles sont sans doute précieuses au cœur de leurs habitants, font parfois l’objet de l’attention des touristes et, pour certaines d’entre elles, peuvent même être inscrites dans une liste patrimoniale aux accents lyriques. Toutes méritent l’intérêt qui leur est porté et le souci de les préserver. Villes humaines, il n’est que juste qu’elles fassent le souci des hommes. Mais il nous faut ici parler d’une cité dont la grandeur ne se limite pas à celle de la beauté et de l’histoire.
Jérusalem, au centre d’un si petit territoire – ancienne Judée ou nouvel Israël – et qui soulève pourtant tant d’écho qu’on la définirait sans hésiter comme une sorte de métropole des âmes et des esprits, comme le cœur vivant du monde. Pourrait-on un instant oublier ce qu’elle a certes été dans l’histoire mais surtout ce qu’elle est : un point ultime de la conscience ? Rencontrer Jérusalem n’est jamais anodin. C’est comme se retrouver soi-même alors qu’on ne s’y attendait pas. C’est comme vivre l’aventure du trésor parfois délaissé, jamais oublié et, un jour, redécouvert. Au fil des temps, les Juifs ont connu bien des cieux et bien des climats, bien des pays et bien des fières capitales. Ils ont vécu profondément dans tous ces lieux, adoptant leurs usages, aimant ces peuples qu’ils rencontraient quand ces derniers les acceptaient. Mais ils n’oublièrent jamais, ni la couleur du ciel de Jérusalem, ni celle de ses pierres ni même ce goût étrange qui apparaît en bouche lorsque l’on marche dans ses rues, comme une saveur venue de loin sans rien perdre de sa verdeur, que l’on aurait toujours connue même sans l’avoir goûtée jusqu’ici.
C’est pourquoi les soubresauts des nations soulèvent parfois quelques interrogations. Bien sûr, les uns invoqueront le poids des choses, les autres, avec la gravité qui convient, prononceront les mots qui parlent toujours à tous les hommes : paix, accord, bâtir ensemble… Mais peut-on oublier Jérusalem sans voir, dans les termes du psalmiste, notre « droite se dessécher » et notre « langue coller au palais » ? Ces mots célèbres ne sont pas menace mais présence et réalité. Jérusalem, la ville sainte, est à présent ouverte à tous. Que les peuples aient donc la sagesse de n’en abîmer ni la nature essentielle ni le rêve éternel. Nous en sommes les garants.
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