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Lettre No 264, du 23 Chevat 5707-1947
Une Voix Céleste proclame: "La fille de tel homme épousera tel homme". Cependant cet homme peut il être devancé par quelqu'un d'autre?
1/ Selon le Séfer 'Hassidim, une Voix Céleste proclame: "La fille de tel homme épousera tel homme". Cependant un autre homme peut la convoiter et l'épouser, mais il divorcera ou décédera avant de s'unir à elle. Elle se remariera alors avec celui qui lui était destiné. Le Séfer 'Hassidim ne précise pas s'il s'agit ici du premier ou du second mariage mais on peut dire qu'il s'agit bien du premier mariage.
2/ La prière d'un homme peut lui permettre d'épouser une femme qui ne lui est pas destinée et même de s'unir à elle, mais finalement il la répudiera ou il décédera et, finalement, elle épousera l'homme qui lui était destiné. L'homme a le libre choix de se marier ou non. Cependant, si il décide de le faire, il épousera obligatoirement celle que lui a désignée la Voix Céleste. Un autre homme peut le devancer mais son union ne perdurera pas. Lire la suite
3/ Rachi précise que la voix céleste énonce le décret mais la prière d'un autre homme peut l'annuler définitivement. Les Tossafot comparent cette prière à celle qui peut transformer un foetus de garçon en fille au tout début de la gestation, ce qui est définitif. Le Tséma'h Tsédek est du même avis.
Le Rambam dit que la voix céleste n'est pas un Décret. Elle marque uniquement le caractère naturel d'un homme. D'après sa nature il sera plus simple et plus facile pour cet homme de trouver la femme qui lui est destinée en fonction de la nature qu'elle possède. Néanmoins, le libre choix est pleinement respecté.
Cette explication, selon laquelle la prédestination des couples est uniquement en fonction d'une attirance naturelle, s'applique à la fois à la première union et à la seconde. Dès lors, pourquoi nos Sages disent-ils que "la seconde union est en fonction des actions" de l'homme? On peut répondre que, de manière naturelle, la voix céleste aurait dû intervenir également pour la seconde union. Néanmoins, la nature est modifiée en fonction de la récompense et de la punition, de sorte que la seconde union dépend du mérite de l'homme.
Toutefois, même pour une seconde union, un homme doit, de son libre choix, prendre la décision de se marier. Aucun Décret divin ne peut le contraindre à le faire. En effet, une seconde union est également une Mitsva, même pour celui qui a déjà eu des enfants du premier mariage, car "il n'est pas bon que l'homme soit seul".
4/ Selon le "Akéda", toutes les unions sont en fonction des actions de l'homme. Lorsque nos Sages parlent de la voix céleste annonçant la première union, ils font uniquement allusion à la jonction entre la forme et l'esprit, entre le corps et l'âme.
5/ Le AriZal explique que la première fois que l'âme descend dans ce monde, la voix céleste annonce que la fille de tel homme épousera tel homme lorsque viendra le moment. (Mais, celle-ci peut entre temps s'unir à un autre homme, comme ce fut le cas pour Ourya et Batcheva). Puis, lorsque vient le moment, l'homme trouvera cette femme, sans aucun effort, sans aucune fatigue de sa part. Selon le Zohar, un autre homme peut toutefois, par sa prière, le devancer. Il l'épousera donc en fonction de ses actions et, parfois même, changera d'âme pour cela, pour le meilleur ou pour le pire. Il perdra alors son épouse et en prendra une autre, n'étant pas celui qui a été désigné pour cette femme.
Parfois, un homme devra se réincarner une seconde fois pour pouvoir épouser celle qui lui est destinée. Ou bien, il vivra une seconde vie pour une autre raison et, si il en a le mérite, la femme qui lui est désignée se réincarnera également afin qu'il puisse l'épouser. Mais, ayant commis des fautes qui justifient cette seconde vie, (des anges) accusateurs empêcheront cette union et la rendront aussi difficile que "le passage de la Mer Rouge", selon le Sefer Haguilgoulim et le Sefer Halikoutim Tehilim.
Si la femme qui lui est destinée ne se réincarne pas, cet homme épousera une femme qui vit elle-même pour la seconde fois, sans qu'un homme ne soit désigné pour elle. Leur union est alors difficile, car ils ont une nature différente, selon le Séfer Halikoutim. Néanmoins, une certaine proximité doit exister entre eux, de par la source de leur âme. D'après un autre avis, si la femme qui lui est destinée ne se réincarne pas, cet homme épousera celle qu'il pourra, ainsi qu'il est dit: "homme et sa femme, saisissez ce que vous pouvez dans les vignes".
Il découle de tout ce qui vient d'être dit que, quelle que soit la forme de l'union, on peut être devancé par quelqu'un d'autre. Et la Hala'ha tranche que, pour cette raison, on peut se fiancer pendant 'Hol Hamoéd. Tous les efforts pour réaliser cette union destinée sont donc justifiés.
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