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Un homme appartenant à une famille de douze enfants perdit sa mère, à la suite d'une douloureuse maladie, alors qu'il était encore un enfant, avant même qu'il ait célébré sa Bar Mitsva. Ce décès fut une tragédie pour toute la famille, mais lui, en particulier, en souffrit pendant de longues années.
De nombreuses années plus tard, le fils, devenu adulte, se rendit chez le Rabbi, qui lui accorda une audience. Avant même qu'il se présente, le Rabbi, dès qu'il le vit, ouvrit un tiroir et en sortit une lettre. Il la posa sur la table et il demanda au jeune homme d'en prendre connaissance.
Le jeune homme prit la lettre et il se mit à trembler de tout son corps. Il reconnut immédiatement l'écriture de sa mère. C'était une lettre qu'elle avait adressée au Rabbi. Son fils la lut, dans le bureau du Rabbi, qui attendit, en silence, qu'il en prenne intégralement connaissance.
La mère avait rédigé cette lettre durant la dernière année de sa vie. Elle écrivait au Rabbi qu'e le avait conscience de vivre ses derniers instants, qu'elle comprenait que telle était la Décision de D.ieu, qu'il lui était difficile d'admettre qu'elle devait quitter ce monde, mais que sa foi en D.ieu était entière, qu'à n'en pas douter, tout ce qu'Il fait est pour le bien. Elle demandait donc uniquement au Rabbi d'accorder sa bénédiction à ses douze enfants, afin qu'ils reçoivent une bonne éducation, malgré son absence.
Cette lettre bouleversante exprimait à la fois une immense douleur et une foi parfaite, une acceptation totale du Décret divin, sans s'interroger. L'homme porta lui-même témoignage par la suite, qu'il fut saisi de l'émotion la plus profonde, en lisant les termes de sa mère. Soudain, il découvrait les sentiments qui l'animaient, juste avant qu'elle quitte ce monde, alors que lui-même n'était encore qu'un jeune enfant, incapable de comprendre ce qui se passait.
Le jeune homme demanda au Rabbi s'il pouvait conserver cette lettre. Après un Instant de réflexion, le Rabbi tourna son regard vers lui et il lui dit : «Sache que, chaque année, je prends cette lettre avec moi, pendant le Kol Nidreï, le solr de Yom Kippour. Elle m'accompagne, pendant ma prière.»
A ces mots, le jeune homme se tut et il ne réitéra pas sa demande. Le Rabbi conserva cette lettre, écrite de nombreuses années avant cette entrevue et exprimant la foi vivace d'une femme juive, qui est, de fait, celle qui est définie par la 'Hassidout.
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