Col Nidré ! A quoi correspond cette prière si solennelle qui introduit le jour le plus saint de l'année : Yom Kippour ? Moment tout aussi solennel que la prière de Néila, clôture de Yom Kippour ! Le Col Nidré c'est l'annulation des vœux de l'année qui vient de s'écouler ainsi que de ceux que nous serions amenés à prononcer à compter de ce Kippour, pendant l’année en cours. Finalement c'est apparemment une prière assez technique ! Pourquoi donc ressentons nous ce moment comme un instant si particulier, si haut, si important ?
Le Zohar explique le Col Nidré comme l'annulation du vœu par excellence. Celui réalisé par D’ lui-même et dont la teneur est celle que la Cheh'ina restera en exil
jusqu’au moment de la délivrance finale. C’est ce vœu, ce serment, qui justifie le fait que nous sommes toujours au exil, en Galout. Mais pourquoi D’ a t'il fait ce serment ? Car les prières du peuple juif pour la délivrance sont si fortes qu'il fallait en quelque sorte qu’il s’empêche de céder, qu’il se lie.
C'est au moment de la prière de Col Nidré que nous demandons à D' d'annuler son vœu et d'amener la délivrance finale puisque pendant ce jour et pendant cette période le peuple juif fait Techouvah et par conséquent si celle-ci est conséquente il mérite cette délivrance. Voilà l'explication donnée par le Zohar. La Hassidout rapporte elle,dans le Likouté Torah de l'Admour Hazaken, que pendant Yom Kippour l'âme divine, la Nechamah qui est en nous, remonte à sa source. Toute l'année elle n'a de cesse que de vouloir le faire mais elle en est empêchée par le carcan, l'emprisonnement de la matérialité.
L'Admour Hazaken poursuit d’ailleurs son explication en comparant ceci aux adhérences trouvées sur les poumons d'une bête la rendant ainsi non kasher. Ces adhérences empêchent le poumon de respirer normalement. Les lobes de celui-ci qui sont comparés à des ailes, ne peuvent bouger comme la Nechama , qui ne peut s'envoler pour remonter à sa source.
La Nechama qui vient du mot nechimah, qui est un souffle, ne peut remonter, s'échapper lorsque la matérialité est trop importante , elle fait alors bloc avec le corps et ne peut s'en détacher, en être libéré. Le Col Nidré est la porte, le moyen, de se libérer de ces vœux, de ces liens, qui nous attachent à cette matérialité, qui nous emprisonnent, de ce corps qui nous retient en bas. Afin que pendant 26 heures nous puissions enfin libérer notre Nechama , et que l'effet de cette montée agisse sur toute l'année à venir. D’ailleurs la Hassidout poursuit en expliquant qu'au fond il ne faudrait même pas avoir envie de boire ou de manger pendant Kippour, et à ce propos il y a une restriction à manger salé, voulant démontrer par là qu'il faut véritablement se défaire de toutes les contingences de ce monde.
Fasse que nous réalisions tout ceci pendant ce Kippour afin de libérer la Cheh’ina, et qu’ainsi nous nous retrouvions tous ensemble à Yeroushalaïm avec le 3ème Temple !
D’autant que l’année qui arrive est propice puisque ainsi que nous l’avons précisé lors de le Dracha de Roche Hachanah elle sera de 385 jours, nombre correspondant à la guematria, compte numérique, du mot Cheh’ina. Amen !
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