Cours du Rav Yossef David Cohen, résumé par Méir Amzelek
Nous reprenons notre étude sur la méthode donnée par l’Admour Hazaken pour lutter contre la froideur, l’indifférence du cœur : le fameux Tim-Toum Ha Lev. Pour cela le dernier cours indiquait qu’à l’instar de la bûche qui ne prend pas feu la seule manière d’aboutir est de la casser en plusieurs petits morceaux, de la même façon le Bénoni dont le moi est son âme animale, et ce à l’opposé du Tsadiq, doit lui aussi briser son ego , non de façon continue mais à des moments réservés à cet effet.
Le texte poursuit en détaillant un peu plus la qualité de l’âme animale du Bénoni et nous indique que cette dernière est encore plus basse que celle des autres créatures car elle possède en elle le potentiel de désir d’enfreindre la volonté de D’ , comme d’avoir des relations sexuelles interdites, de dire du lachone harah … Même s’il n’a pas l’intention de passer à l’acte il a en lui ce potentiel de désir, et de ce point de vue, il est plus abominable que les créatures impures, les reptiles, les rampants !! Ainsi que le dit le Roi David s’exprimant au nom de chaque juif : « Je suis un vers de terre.. ».
Le but de la création c’est l’ homme juif, l’être humain, le Adam et sa supériorité s’exprime au travers du libre arbitre dont il est le seul détenteur. Mais ce dernier peut tout autant lui permettre de s’élever, plus haut même que les anges rapportent les textes, mais aussi descendre plus bas que les autres créatures, que le vers de terre. Et ce n’est là qu’ équité !
Even Ezra va amener une idée reprise à son compte par la H’assidout , il s’interroge à propos du dernier des 10 commandements qui nous demande de ne pas convoiter quoi que ce soit qui appartienne à son prochain. Comment peut on donner cet ordre alors que c’est la nature même de l’homme d’avoir ces désirs, ces sentiments ? On aurait compris une injonction qui interdise le passage à l’acte, mais là l’ordre est sur la pulsion, le sentiment ! Et dans la même veine comment comprendre la consigne d’aimer D’, comment obliger l’homme, puisque son moi est versé vers le mal, à manifester ce sentiment ?
Réponse du Maguid de Mézeritch : c’est la réflexion qu’il importe d’orienter et la prise de conscience de D’ intellectuellement débouchera alors sur de bons sentiments.
Et le Even Ezra de donner un exemple implacable : « Le paysan ne convoitera jamais une Princesse, pourquoi ? Parce qu’elle ne fait pas partie intégrante de son monde. » De la même façon la prise de conscience que tout ce qui appartient à mon prochain ne fait pas partie de mon monde , est sacré, induira inévitablement l’annulation de mes désirs interdits.
Au final le fruit d’une réflexion adaptée que seul l’homme peut avoir entraîne la brisure en petit morceaux de son ego, et induit de bons sentiments