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Cours du Rav Yossef David Cohen résumé par Méir Amzelek,
« …Certes, j’ai les lèvres fermées, comment pharaon m’écoutera t’il ? Et D dit à Moché : Vois je fais de toi un juge pour pharaon et Aaron ton frère sera ton prophète». Rachi commente ainsi ce passage qui va du verset 30 chapitre 6 au verset 1 chapitre 7 ainsi :
Je fais de toi un juge : comme juge qui châtie pour châtier par des plaies et des souffrances.
Sera ton prophète : …celui qui va traduire et expliquer…
Et le texte continue (verset 2) :: « Toi tu diras tout ce que Je t’aurais ordonné, et Aaron ton frère parlera à pharaon pour qu’il renvoie les Bné Israël de son pays. »
Et Rachi explique à propos de sur toi, tu diras : « une seule fois chaque message tel que tu l’entendras de Ma Bouche et Aaron ton frère l’ interprètera et l’expliquera aux oreilles de pharaon. »
Tout cela semble être une répétition de la réponse que fait D aux propos tenus par Moché quand l’ordre lui est intimé d’aller parler au peuple et à pharaon. En effet il se défile alors en invoquant la raison suivante : « J’ai la bouche et la langue lourde, comment pourrais je parler ? » et D lui répond Aaron sera ton interprète.
1- On voit donc que notre paracha D revient sur cette consigne et la reformule à nouveau. Pourquoi ? Quelle elle est la nécessité de cette répétition ?
2- Pourquoi Rachi précise 1 seule fois ? Et d’où tire t’il cette précision ?
3- …Il traduira et il expliquera…là aussi pourquoi Rachi apporte t’il cette précision ? Traduire n’était t’il pas suffisant ?
Il faut pour comprendre tout cela souligner que lors de la discussion avec D Moché se défile au motif qu’il a la bouche lourde, tandis que là avant d’aller voir pharaon c’est une expression aggravante qu’il emploie « j’ai les lèvres fermées ». Et D lui répond qu’il n’a aucune inquiétude à avoir car Il lui donnera la force de répéter Ses paroles dans la Langue Sainte à Aaraon, langue que ne comprend pas pharaon. Cependant il lui faudra les répéter 1 seule fois mais avec la force et la détermination dévouée au prophète et cela fera trembler le tyran, souverain d’Egypte… Ensuite son frère traduira et expliquera ! Il y a donc un rajout par rapport à la 1ère consigne qui lui avait été donnée en ce sens que cette fois ci il a en plus l’assurance d’avoir la force de répéter Les Paroles et il lui est ordonné de Les dire avec force pour intimider le pharaon.
Réponse aux 3 questions posées :
1- La consigne d’avoir Aaron comme interprète est reformulée car la 1ère fois il ne lui avait pas été précisé qu’il dicterait d’abord à son frère et dans la langue sainte ce qu’il entendrait de la Bouche de D ? Ce qui est nécessaire comme nous venons de l’expliquer, il fallait que pharaon tremble
2- 1 seule fois car son rôle n’est pas d’expliquer mais simplement de prononcer avec véhémence les paroles entendues.
3- Enfin traduire et expliquer il fallait les 2 de sorte que pharaon soit parfaitement informé.
Il est écrit dans la Guémara Brakhot, page 7 : « Lorsque tu vois un Racha , un méchant en période de réussite, ne l’excite pas à ce moment il a un Mazal particulier ».
La Hassidout explique, dans Or Hatorah du Tsemah Tsedek, que parfois la Klippa, le mal, a une telle force que même le Tsadik ne peut rien contre elle. Seul D qui est Tout Puissant peut quelque chose, et pour cela il faut le Moché Rabenou de la génération car lui seul possède une telle annulation au point que ses lèvres se ferment tant il n’a pas d’ego à manifester même comme interprète. Il n’est qu’une interface complètement transparente, la seule capable de laisser passer D en quelque sorte sans aucune intervention humaine.
Et on comprend bien ces 2 étapes chez Moché d’abord son annulation fait qu’il ne peut pas parler, puis étape supérieure son annulation atteint de tels sommets qu’il peut devenir cette interface. Et c’est au fond plus sa parole, c’est un euphémisme, qui va atteindre pharaon que les plaies elles mêmes, car celles-ci ne sont que la manifestation de la force de D alors que sa parole c’est en quelque sorte D lui même qui Parle.
Bien sûr par la suite il fallait la parole d’Aaron comme on l’a expliqué, nonobstant le fait que dans la même Guémara Rabbi Shimon Bar Yohaïe n’estime pas du tout cette seconde étape nécessaire et on le comprend fort bien lorsqu’on sait que lui aussi avait cette force de Moché, d’annulation totale.
On comprend maintenant mieux les mots du Tanya qui demande à l’homme d’exciter son Yetser Tov, bon penchant contre son Yetser Arah, mauvais penchant. Car le 1re malgré la force supérieure du second a le pouvoir de le combattre, comment ? En s’attachant de façon pleine et entière au Tsadik de la Génération, au Rabbi qui lui même n’est que le « diffuseur » de la parole de D, et c’est donc D lui même qui combat !
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