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Cours du Rav Yossef David Cohen résumé par Méir Amzelek,
Notre paracha débute d’emblée avec la mitsva de la chemitah donnée à Moché sur le mont Sinaï afin qu’il l’enseigne au peuple d’Israël. Autrement dit la consigne de laisser toutes les 7èmes années la terre en jachère. Le point remarquable de cette mitsva c’est qu’elle souligne la confiance en D, la Emounah qu’elle engage pour s’y conformer.
Pourquoi la Torah spécifie-t-elle que la mitsva d’observer une année agricole sabbatique a été donnée au Sinaï ? Pour répondre à cette question Rashi cite le midrash suivant ( je le cite): « Au mont Sinaï : « Quel rapport particulier relie-t-il la chemitah au mont Sinaï ? Ce sont pourtant toutes les mitsvoth qui ont été promulguées au Sinaï ! Mais de même que les règles générales et les détails de la chemitah ont été révélés au Sinaï, de même les règles générales et les détails de toutes les mitsvoth ont aussi été révélés au Sinaï. Voilà ce qui est enseigné dans Torah Kohanim. Et en voici, à mon avis, l’explication : Nous ne trouvons nulle part dans le Mishné Tora [le livre de Devarim] que les règles relatives à la chemitah des sols aient été répétées dans les plaines de Moav. D’où nous apprenons que ses règles générales et ses détails d’application ont dû tous être révélés au Sinaï. Le texte nous enseigne donc ici que chaque stipulation qui a été dite à Moshé est venue du Sinaï avec toutes ses règles générales et tous ses détails, et qu’ils ont été répétés dans les plaines de Moav. »
Cette position est celle de Rabbi Akiva qui affirme que chaque ordonnance a été édictée avec ses règles générales, ses détails et ses précisions sur le mont Sinaï. En revanche Rabbi Ishmael ne tient pas la même position et pense que seules les règles générales ont été données au Sinaï et que ce n’est qu’ultérieurement que D lui a apporté toutes les précisions dans la tente d’assignation et aussi dans les plaines de Moav. Il se dégage de ses deux modes d’explications que Rachi semble pencher sans conteste pour Rabbi Akiva !
Le Rabbi vient au contraire affirmer que Rachi ne prend pas position puisqu’il emploie l’expression au Sinaï et non au mont Sinaï. Ceci sous- entend que D a pu parfaitement les lui répéter et les lui détailler dans la tente d’assignation, dans le désert du Sinaï !
Ce qui pousse Rachi à ne pas trancher pour l’un ou l’autre c’est la place qu’occupe la paracha qui aurait du se trouver juste après le Don de la Torah avant paracha Térouma et partacha Tetsavé.
Mais alors une question surgit de toute évidence : pourquoi le verset dit sur le mont Sinaï et non au Sinaï ? Pour répondre à cette question il faut l’éclairage de la Hassidout qui remarque que la paracha porte pour titre « Sur la montagne » et non «Sur le mont Sinaï » et encore moins « Sinaï ».
Le Midrache explique que lorsque D veut donner la Torah toutes les montagnes ont posées leur candidature mais celle de Sinaï est l’élue depuis bien longtemps car elle estla plus basse, la plus petite de toutes mettant en relief ainsi l’humilité !
La Hassidout poursuit son questionnement : « si c’est ainsi pourquoi ne pas avoir carrément donné la Torah dans une vallée ?
« Elle répond en soulignant qu’il y a 3 niveaux : 1 le mont Sinaï , 2 la montagne et 3 Sinaï. Ces 3 nuances mettent en exergue 3 paliers dans le service de D :
1- On fait Téchouvah, la personnalité ne peut encore se former c’est le niveau de Sinaï, il faut rester petit, humble et mettre son ego de côté.
2- La personne a étudié a travaillé ses midots, à ce niveau là l’ego peut refaire surface car on peut l’utiliser dans le service de D, il perd sa négativité et il n’est plus nécessaire de s’effacer totalement. Ce ne sera plus de l’orgueil mais de l’ambition dans le service de D ! C’est l’étape du « Mont Sinaï ».
3- La personne a atteint un tel niveau qu’elle dédie tout son être au service de D, c’est le niveau de Béhar, sur le Mont, sans autre précision car elle s’efface totalement aux détails du monde et n’est plus préoccupée que par son engagement dans le service de D.
Tout ceci correspond finalement aux 3 temps marqués par Pessa’h, la Matsa : « l’annulation totale », la période intermédiaire du compte de l’omer pendant laquelle il faut se raffiner, et enfin Chavouot où le H’ametz qui symbolise l’orgueil est offert comme Korban pour la seule fois de l’année d’ailleurs
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