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Cours du Rav Yossef David Cohen résumé par Méir Amzelek,
C’est l’histoire d’un enseignant, d’un mélamed, d’une grande beauté à l’instar de Yossef Ha Tsadik qui part de chez lui pour aller enseigner, gagne-pain oblige. De passage dans un auberge, il s’installe dans la salle principale mais l’aubergiste le harcèle pour qu’il la quitte afin de céder sa place à une femme très riche qui rétribue bien plus que lui. Il se déplace alors dans un coin mais voilà qu’il subit les avances de la belle riche ! Vêtu de simples sous vêtements il n’hésite pas devant l’assaut à s’enfuir et à courir pour retourner à son village. Après plusieurs heures il arrive enfin à destination mais si honteux qu’on puisse le voir si peu vêtu, il rentre dans la 1ère battisse dans l’espoir de s’y réfugier. Cette battisse qui n’est rien d’autre que la synagogue lui sert d’asile et il se cache derrière la chaudière. Enfin un peu de chaleur, le sommeil s’empare de lui et il dort jusqu’au matin ! Vient l’heure de la prière du matin et la communauté avec à sa tête le Rabbi Elimelech de Lisensk pénètre les lieux. Le Rabbi dés son entrée s’exclame quel parfum ! Cela sent l’odeur de Yossef Ha Tsadik !
Le Rabbi pousse un peu plus loin ses recherches et aperçoit le mélamed accroupi derrière la chaudière. A sa vue il déclame devant la communauté : « c’est cet homme qui est à l’origine de ce parfum, il a su sans aucun doute vaincre son Yetser Harah ». La suite de l’histoire toujours copier-coller à celle de Yossef Ha Tsadik raconte que la belle qui avait saisi les vêtements de ce pauvre mélamed passa par hasard devant sa maison et furieuse elle les jeta de façon totalement hasardeuse devant la maison de l’enseignant ».
Etait ce un guilgoul de Yossef Ha Tsadik, l’histoire ne le dit pas, mais l’essentiel est que cet épisode va illustrer parfaitement notre cours d’aujourd’hui. Et nous revenons à notre texte qui dit en substance : « …Ce niveau là d’avoir conscience de ne pas s’être entièrement transformé mais désirer malgré tout s’approcher de D. Comme le prince qui retrouve le palais de son père le Roi et veut réintégrer sa place, et souhaite ne pas mélanger le sentiment de la joie de l’âme avec le ressenti de la bassesse du corps.. ce niveau est celui de la sortie d’Egypte…».
L’Admour Hazaken déduit cela de la ruse employée lors de la sortie d’Egypte par le peuple qui au lieu de dire simplement qu’il partait définitivement n’avertit Pharaon que d’un besoin de sortir du pays pour 3 jours ! Pourquoi ce détour ? Pourquoi utiliser un stratagème alors que Pharaon était prêt à tout ?
Seule la Hassidout apporte un éclairage à cette interrogation. La réalité était que c’était leur crainte qu’il fuyait, leur crainte de passer subitement d’une étape à l’autre, leur crainte de ne pouvoir être à la hauteur de ce qui leur était demandé. Il leur a fallu 49 jours pour arriver à Matan Torah et se raffiner pendant ce temps intermédiaire afin d’en être digne. Mais même ce niveau nous a été donné par le Ciel. En réalité ce mérite nous l’avons acquis véritablement au fil du temps, jusqu’à aujourd’hui, en accomplissant notre tâche ardue pendant les 3326 années qui nous sépare du Don de la Torah pour arriver enfin à notre époque où sans aucun doute nous aurons le mérite de voir enfin Notre Juste Machi’ah.
Pour en revenir à leur situation c’est du fait de la contradiction entre leur désir de s’attacher à D et de ne pas avoir encore éradiqué le mal de la personne qu’est née cette crainte. Il a fallu donc fuir sans s’attarder à réfléchir. Et c’est de la même façon qu’a agi le Roi David pour s’échapper et fuir le « mal » qui le poursuivait.
Ce n’est donc pour conclure que lorsque le Machia’h se révèlera que nous sortirons mais sans l’ombre d’une crainte ou d’un empressement car en ce temps ci seulement le mal aura disparu pour toujours. Il n’y aura plus rien à fuir ni nous ni nos ennemis ! L’enseignement à déduire pour ce cours est qu’au début d’une téchouva il faut fuir le mal s’en s’approfondir, ce n’est que par la suite que l’on pourra tenir une autre conduite. C’est en fait la même conclusion que celle du cours sur la paracha de cette semaine que je vais vous rappeler ici : « Il y a 3 temps marqués par Pessa’h, la Matsa : « l’annulation totale », la période intermédiaire du compte de l’omer pendant laquelle il faut se raffiner, et enfin Chavouot où le H’ametz qui symbolise l’orgueil est offert comme Korban pour la seule fois de l’année d’ailleurs ». Au début on fuit par la suite on peut maîtriser.
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