Cours du Rav Yossef David Cohen résumé par Méir Amzelek
Cette semaine nous allons lire 3 péricopes : VAYAKHEL-PEKOUDÉ dans un 1er séfer Torah, puis celle traitant de la vache rousse, la Para adouma, dans un 2nd.
Cette vache rousse, dont le secret est tout simplement inaccessible, permettait à l’aide des eaux lustrales qu’on en obtenait de purifier celui qui s’était approché d’un mort et qui se faisant avait contracté l’impureté la plus forte qui soit. Aujourd’hui nous sommes tous impurs de cette impureté puisque nous n’avons aucun moyen de la supprimer !
Le Rambam rapporte que jusqu’à ce jour il y a eu seulement 9 vaches rousses :
1- Une à l’époque de Moché dans le désert 2- Une lors de la reconstruction du 2nd Temple sacrifiée par Ezra Hassofer 3- Et enfin 7 autres pendant le temps qu’a duré le 2nd Beth Hamikdache ce qui mène le compte à 9.
La 10ème sera celle de Machi’ah qu’il se dévoile rapidement, Amen ! Que ce soit Sa Volonté!
Ces derniers mots , prière du Rambam, sont exceptionnels. De coutume il se cantonne à rapporter les faits et ses propos ne relèvent que de l’enseignement, non de l’émotion, du sentiment, de l’intime?! En réalité ce vœu pieux est lui même un enseignement car il dévoile les points suivants :
1- La croyance en Machi’ah ne doit pas être une simple démarche intellectuelle exprimant l’adhésion aux 13 articles de foi que le Rambam a lui même édictés. Cette croyance doit être empreinte d’émotion, être l’expression d’un manque. Selon les mots de Maimonide dans les Lois sur les Rois : il faut attendre et espérer sa venue. Ce qui est bien l’expression d’un sentiment. 2- Et puisque cette attente est l’expression d’un manque elle doit être assortie d’un autre sentiment qui tombe sous le sens : l’empressement. Nous devons être impatients, très impatients ! 3- Enfin cette impatience et cette prière pour la venue de Machi’ah ne doivent pas être programmées aux bons moments, aux bon endroits. C’est tout le temps que nous devons ressentir son absence et prier ardemment pour sa venue. Ceci se déduit du fait que Maimonide lui même n’intègre pas cette prière au beau milieu des Lois sur les Rois par exemple, ce qui se rapporterait directement au sujet du Messie. Non ! C’est au beau milieu d’un sujet qui n’est pas directement lié au Machi’ah qu’il l’insère: « les lois sur l’impureté ».
Pour récapituler voici ce que nous enseigne cette phrase du Rambam à propos de Machi’ah: il nous faut espérer et attendre, manifester l’urgence avec laquelle nous l’attendons, et peu importe le moment pourvu qu’il vienne vite. C’est ce que nous a enseigné sans répit le Rabbi, en montrant un point essentiel qui se déduit du décret de la Para adouma. En effet un « décret » en hébreu a pour étymologie un mot qui signifie graver. Et ceci justifie que notre désir de Machi’ah doit être une partie intégrante de nos vies et ne jamais être occultée. Notre demande doit être « gravée » dans nos prières, ce doit être une supplication permanente. Et pour preuve il faut avoir présent à l’esprit que le tiers des bénédictions de la Amidah se rapportent à Machi’ah. C’est ainsi que nous nous préparons à la fête de Pessah, fête de notre Délivrance : « Que Machi’ah se dévoile rapidement. Amen. Que ce soit Sa Volonté! ».