Cours du Rav Yossef David Cohen résumé par Méir Amzelek
Nous entamons cette semaine la paracha de Vaikra, 1ère du 3ème Houmach qui est appelé dans le Midrache : « La lumière ».
Tossefot expliquent dans Masseh’et Brakh’ot que la raison de cette appellation est due à la diversité et aux difficultés des sujets qui y sont traités. Et c’est en cherchant à les élucider qu’on met à jour le véritable bien.
La toute 1ère interrogation qui se pose à la lecture de notre paracha concerne le petit alef avec lequel est écrit Vaikra ! Rabbi Itsh’ak ben Rabbi Yehoudah Halevi, un célèbre commentateur du moyen âge, propose comme explication le fait que la taille anormalement petite de cet alef met en relief la petitesse avec laquelle Moché Rabénou, malgré sa stature immense et incomparable, se considérait. Et ce, tant vis à vis de D que vis à vis des hommes !
Mais de quelle humilité s’agit-il ? Approfondissons ! Alef est la 1ère lettre de l’alphabet, celle de qui dépendent toutes les autres. De surcroît Alef a pour étymologie le mot Alouf. Or ce mot signifie « Général ». Il s’agit d’un personnage qui dirige, qui commande ! On voit bien le côté paradoxal avec l’humilité évoquée un peu plus haut !
L’enseignement est le suivant : rester humble dans les domaines où l’on ne brille pas particulièrement est chose aisée . En revanche, conserver cette même humilité là où on excelle, ce n’est plus du tout la même chose. Il est nombre de personnages qui sont affables, gentils, tant que l’on ne touche pas à leur domaine de prédilection. Mais quand on l’égratigne le feu se déchaîne.
Deux histoires vont renforcer cette démonstration de l’humilité de Moché:
- Plus tard dans le texte Eldad et Médad prophétisent dans le camp. Yéochouah voyant là une humiliation envers Moché supplie ce dernier de les faire taire. Réponse de Moché : « si le peuple tout entier pouvait avoir accès à leur niveau de prophétie, j’en éprouverai une joie immense ! ».
- Myriam, un peu plus loin, va aussi révéler cette humilité de Moché. En effet ce dernier s’était séparé de sa femme à cause du niveau de proximité avec D qu’il avait atteint. Myriam voulant justifier sa désapprobation dit en substance à Aaron : « mais D s’est adressé à nous aussi par prophétie, nous n’avons pas pour autant rompu notre relation conjugale ? ». Elle n’avait pas saisi que la prophétie de Moché était sans commune mesure avec la sienne. Evidemment Moché n’a pas relevé montrant encore une fois qu’il ne se considérait pas à ses yeux comme plus performant qu’elle !
Conclusion : si nous nous attachons à conserver toute l’humilité nécessaire même dans notre domaine de prédilection alors, et seulement alors, nous atteignons la véritable pureté !