Cours du Rav Yossef David Cohen résumé par Méir Amzelek
La révélation effective des temps messianiques ainsi que de la résurrection des morts est obtenue par le fait de préparer, de réaliser, comme nous l’avons largement détaillé dans les cours précédents, une demeure pour D ici bas. Et il ne faut pas sous-estimer notre travail actuel, derniers petits pas avant la fin et croire que l’essentiel a déjà été fait et que notre pierre participative à l’édifice est minuscule. Au contraire !
Il y a un autre malentendu courant c’est de croire que l’Etude de la Torah n’a pas un impact sur le monde matériel, qu’il ne participe pas de l’élaboration de cette demeure. Preuve en est : il faut pour s’acquitter de cette étude bouger les lèvres et ce faisant on fait intervenir l’âme vitale, le corps, le sang et tous les aliments qui lui permettent de vivre. Il y a donc bien là une élévation de la matérialité de notre corps et par là de la matérialité en général ! D’autant que la Néchamah ne peut engager une action quelconque sur le monde matériel, il lui faut l’intervention de l’âme vitale, de l’âme animale. L’étude de la Torah par la Néchamah ne peut se situer à un niveau autre que spirituel.
On peut en conclure que tant pour la prière que pour l’étude, l’impact sur le monde matériel est en rapport direct avec l’investissement de l’âme vitale dans l’action de prier ou d’étudier. D’où l’importance d’introduire la maximum de vitalité . C’est la raison pour laquelle la Guémara insiste sur la nécessité de répondre avec force, avec Cavanah au « Amen yé Chéméraba » du Kadich ! Par l’apport de cette vitalité on fait intervenir encore plus les forces de l’âme vitale et ce faisant, comme nous venons de le dire, on prépare la matérialité pour être un réceptacle à D.
A l’inverse insiste la Guémara une étude silencieuse qui ne s’installe pas dans les 248 organes de notre corps est vouée à l’oubli.
Pour illustrer notre propos il faut rappeler ici l’histoire [rapportée dans a Guémara] de Brouriah, femme de Rabbi Méir et fille de Rabbi Hanina ben Terradione. Un jour elle vit un jeune homme étudier la Torah en silence elle le réprimanda aussitôt en lui rappelant le verset qui dit « ..tous mes os doivent… » soulignant par que le corps lui même doit jubiler et s’exprimer lors de l’étude. Celle-ci ne doit pas être faite que par la pensée ! Il faut la parole, l’enthousiasme..
La Guémara rapporte dans la même veine l’histoire de l’élève de Rabbi Eliezer ben Yaacov, celui-ci fut frappé de l’oubli le plus total de tout ce qu’il avait appris pendant 3 ans à cause de son étude uniquement faite par la pensée. On peut s’interroger sur le lien de cause à effet entre une étude purement mentale et l’oubli qu’elle produit ! Le Tanya va tout de suite se justifier en rappelant au préalable que la Néchamah n’oublie rien de ce qu’elle a vu ou entendu, mais qu’en revanche le corps lui peut être frappé d’amnésie ! La partie de la Néchamah qui étudie se trouve dans le corps et ce dernier, s’il n’y investit pas toutes ses forces, se pose comme un obstacle entre la Néchamah et l’étude. Du coup la Néchamah n’a plus les moyens de retenir car à la source de l’étude elle même elle a été gênée par le corps. Quel est le remède ? Y investir toute la vitalité du corps ce qui brise la grossièreté de ce dernier et l’empêche de s’interposer entre l’étude et la Néchamah. Au contraire il en devient une aide et sa matérialité, la matérialité au sens général ainsi que nous l’avons remarqué dés le début s’en trouve élevée.