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La Paracha Chela’h raconte que Moché envoya les douze princes des tribus dans le seul but qu’ils se rendent compte de la beauté et des qualités de le terre d’Israël.
Par aillleurs, après la lecture de cette Paracha, nous lisons ce même Chabbat la Haftara, dans laquelle il est dit que Yéochoua envoya deux explorateurs dans le but de concquérir la terre d’Israël.
Lorsque nous lisons cette Paracha et cette Haftara, en nous efforcant de porter un regard attentif et sensible, nous pouvons réaliser sans trop de difficultés que le sens profond qui se cache entre les lignes et les mots de la conquête de la terre d’Israël, n’est autre que la conquête de nous-même.
Conquérir la terre d’Israël c’est parvenir à l’endroit vers lequel ‘les yeux de l’Eternel sont tournés du début jusqu’à la fin de l’année’.
Il est dit aussi que ‘le Saint béni soit-Il ne réside que dans un endroit qui lui est parfaitement soumis’.
Aussi, nous comprenons qu’à l’évidence, entrer en Erets Israël implique de faire tout ce qui est en notre pouvoir, pour nous soumettre à Sa Volonté bénie, et devenir ainsi un réceptacle de Sa lumière infinie.
Tout celà, nous pouvons le comprendre par nous-même. Cependant le Rabbi voit ‘d’une extrémité du monde à l’autre’. Ses yeux voient infiniment plus loin que les nôtres.
Dans le Dvar Mal’hout, le Rabbi établit les différences entre la mission des hommes de Moché, et la mission des hommes de Yéochoua.
Tout d’abord, le Rabbi souligne que Moché ne reçut pas un ordre divin d’envoyer des hommes explorer la terre d’Israël.
Il est écrit en effet (1,2): ‘Envoie pour toi des hommes et qu’ils explorent le pays de Canaan que Je donne aux enfants d’Israël’.
Rachi explique que l’expression: ‘Envoie pour toi’ (Chla’h lekha) signifie que l’Eternel ne donnait pas un ordre à Moché, mais lui dit d’envoyer des hommes explorer la terre, s’il le jugeait nécessaire, si tel était son avis: ‘lé Daat’ha’ (selon ton opinion).
Aussi le Rabbi explique que la mission des hommes de Moché consista à faire de ce monde matériel une demeure spirituelle pour D.ieu, mais leur travail resta lié au ‘Daat’, c’est à dire à la raison et à l’intellect, ainsi qu’il est sous-entendu dans la Parole de l’Eternel, quand Il s’adressa à Moché, et qu’Il lui demanda d’agir selon son opinion: ‘lé Daat’ha’ (Daat).
La mission des hommes de Moché représente donc la pluralité qui existe dans le monde, en l’occurrence ici, la pluralité des forces de l’âme: les forces de l’intellect, Hokhmah, Bina, Daat….
A l’opposé, Yéochoua envoya deux explorateurs après en avoir reçu l’ordre de D.ieu Lui-même.
Aussi, le Rabbi explique que la mission des hommes de Yéochoua représente l’Unité (Hachem E’had), et consiste à faire de ce monde une demeure pour D.ieu, en révélant ‘l’Unité de l’âme’: l’Essence de l’âme, dont les forces s’élèvent bien au-delà de la raison et de l’intellect (au-delà du ‘Daat’).
Le fait que Yéochoua reçut l’ordre de D.ieu, Lui-même, n’est d’ailleurs pas sans évoquer la proximité de l’Essence de l’âme avec D.ieu, car l’Essence de l’âme est enracinée dans l’Essence divine et ressent donc la Présence divine plus que toute autre partie de l’âme, exactement comme Yéochoua, qui est très proche de D.ieu, et qui reçoit ses ordres directement de Lui.
A la lumière de ce qu’il vient d’être dit, nous comprenons que la mission des hommes de Moché (laquelle évoque la pluralité), n’est pas sans évoquer également la partie révélée de la Torah, laquelle est exprimée dans les 613 Commandements divins.
A l’opposé, la mission des hommes de Yéochoua (l’Unité), évoque la Partie profonde de la Torah, qui s’attache à l’Unité de D.ieu, et au fait ‘qu’il n’y a rien en-dehors de Lui’.
Aussi, la mission des hommes de Moché s’accorde à la partie de l’âme qui s’habille dans le corps avec les 613 membres qui le composent, ‘la Pluralité’; alors que la mission des hommes de Yéochoua s’accorde à la partie de l’âme qui est au-delà de ce monde, et qui ne s’habille pas dans le corps. Cette partie de l’âme qui fait ‘Un’ avec le Saint béni soit-Il, l’Unité.
Dès-lors, nous pouvons réaliser un tant soi peu, la force de l’enseignement du Rabbi, et jusqu’à quel point de l’horizon infini parvient son regard.
Conquérir la terre d’Israël de manière profonde consiste à révéler les forces de la partie de l’âme qui s’habillent dans le corps (la Pluralité), mais aussi à révéler la force de l’Essence de l’âme (l’Unité).
Cela s’exprime par le fait d’investir nos efforts, aussi bien dans l’étude de la partie révélée de la Torah, que dans sa partie profonde.
Cela s’exprime aussi dans nos actes, et le Rabbi met l’accent sur le fait que la Mitsvah des Tsitsit, que nous lisons à la fin de notre lecture de la Torah ce Chabbat, inclut en elle-même toutes les Mitsvoth.
De fait, cette Mitsvah souligne que nous devons chercher l’Unité qui se cache dans la pluralité de ce monde, ainsi qu’il est dit: “dans toutes Ses voies connais Le’.
Conquérir l’Essence de notre âme, laquelle demeure en exil, ‘perdue’, dans les mondes supérieurs (lesquels sont pourtant si proches de nous, ainsi qu’il est dit (Tanya): ‘La chose est proche de toi…”), consiste donc à révéler l’Essence divine. A faire de ce monde, et de nous même, la terre d’Israël, vers laquelle sont tournés les yeux de l’Eternel, et c’est en agissant avec la plus totale soumission, que nous aurons le mérite de provoquer la venue de notre juste Machia’h, très bientôt et de nos jours…
Rav Yaakov Abergel
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