Cours du Rav Yossef David Cohen résumé par Méir Amzelek
Au cours de cette paracha nous assistons à l’épisode dramatique de Dinah qui sort pour aller voir les filles du pays, se fait capturer, puis violer par Chkhem qui en tombe amoureux. Chimone et Lévi utilisent alors un subterfuge pour venger leur sœur en faisant croire à celui-ci, et par voie de conséquence à ses sujets, que s’ils agréent la circoncision la porte sera ouverte pour des mariages mixtes. Chkhem et son peuple acceptent, Chimone et Lévi profitent de leur état pour passer tous les mâles au fil de l’épée. Il semblerait en revanche que les femmes et les filles ont été intégrées à la famille de Yaacov !
A propos du 1er verset décrivant cet épisode ( Ch 34,1) : « Et Dinah fille de Léa , qui l’avait enfantée à Yaacov, sortit pour aller voir les filles du pays » Rachi fait en substance le commentaire suivant : « Dinah fille de Léa car elle ressemblait à sa mère qui elle aussi aimait sortir … Ainsi d’ailleurs que l’atteste le verset de la paracha précédente ( Ch30, 16) qui stipule qu’après le fameux épisode des mandragores qui avait permis à Léa d’avoir priorité sur Rah’el, Léa était sorti à la rencontre de Yaacov pour le chercher. »
Il semblerait d’après ce commentaire que Rachi tient à souligner un trait de caractère négatif vérifiant le fameux adage : « Telle mère telle fille… », l’une comme l’autre manquant de retenue par leur addiction à sortir. Mais en fait il n’en est rien !
En effet concernant l’épisode de Léa ce n’est que par désir d’avoir le mérite d’enfanter le plus grand nombre de chefs de tribus qu’elle marque cet empressement à sortir chercher Yaacov. Cela ne vient donc uniquement que pour souligner sa valeur. Par conséquent la similitude de trait de caractère attribuée à Dinah ne peut donc avoir qu’une connotation positive. Pourtant c’est cette démarche qui va aboutir au viol et à toute cette horrible aventure… !!!!
Pour comprendre cette affaire il faut se reporter à un Rachi, un peu plus avant dans notre paracha, qui raconte qu’à l’approche d’ Esav, Yaacov de crainte que ce dernier jette son dévolu sur sa fille avait caché Dinah dans une boîte. Et c’était là l’erreur car par le mérite de Dinah Esav aurait pu faire Techouvah ! Mais comment peut on demander à Yaacov de mettre sa fille en danger en la confrontant à un personnage tel que Esav !
Pour cela il faut se souvenir que Dinah avait une personnalité extrêmement forte. N’était ce la prière de sa mère elle aurait du être un homme, ce n’est que par désir d’équité avec sa sœur que Léa a supplié que cet enfant soit une fille, de sorte que Rah’el ne soit pas désavantagée dans le compte des fils « futurs chefs de tribus ». Et au final le véritable gène que Léa a transmis à sa fille c’est cette force de caractère, celle qui se révèle au travers de sa pugnacité à être la mère du plus grand nombre de chefs de tribus.
On peut maintenant comprendre la faute de Yaacov qui a protégé sa fille, car du fait de son héritage chromosomique celle-ci était armée pour se défendre toute seule. Et on se souvient de l’opinion de Rabbi Shimon bar Yoh’aï qui pense que lors de la rencontre avec Yaaacov, Esav, de manière momentanée certes, a eu un élan d’amour, d’affection de techouvah envers son frère. Il est alors juste de croire qu’une épouse telle que Dinah l’aurait entraîné à aller au bout de ce geste et à réaliser tout le potentiel qu’il possédait au fond.
Au final on entrevoit maintenant l’histoire de Dinah qui voulait sortir à la rencontre des filles du pays non pas comme une digression ou de la frivolité mais au contraire comme le désir de ramener les filles de l’endroit sous la bannière et l’héritage de sa famille. Et la tragédie qui en découle n’est pas de sa responsabilité mais de celle de Yaacov, son père.
De façon lointaine on peut comprendre le fait que tous les mâles se soient circoncis comme la preuve de l’intention première de Dinah qui voulait entraîner ce peuple à rejoindre le patrimoine spirituel de Yaacov. Bien sûr les mâles se sont finalement fourvoyés, malgré cela les filles ont été intégrées à la famille de Yaacov.
L’enseignement de toute cette histoire, conclut le Rabbi, est un enseignement magistral pour la gente féminine qui nonobstant le fait que l’essentiel de leur travail doive se réaliser au sein de leur foyer, à l’intérieur donc, ce n’est pas suffisant il faut aussi que leur œuvre rejaillisse à l’extérieur. Et ceci de façon encore plus marquée pour celles qui sont dotées d’une personnalité adéquate en gardant bien évidemment toutes les règles de pudeur !
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