Cours du Rav Yossef résumé par Méir Amzelek,
La fin de la paracha relate l’épisode notoire du séjour en prison de Yossef consécutif aux fausses déclarations de la femme de Potiphar. Il y rencontre le maître panetier et le maître échanson précipités eux aussi au cachot par le pharaon, interprète leurs rêves, et enfin demande au maître échanson de ne pas l’oublier lorsqu’il retrouvera son poste afin, en retour, d’intercéder auprès de pharaon pour que celui-ci le libère. Mais une fois dehors deux ans s’écoulent sans que le maître échanson ne se souvienne de Yossef, et Rachi de commenter que cet oubli est de la responsabilité de Yossef qui n’a pas reposé sa confiance en D’, mais a mis son salut entre les mains de cet homme, de cet égyptien qui pensait comme ses semblables détenir la puissance absolue !
Cette conclusion de Rachi amène diverses questions et non des moindres :
1- Quelle est la faute de Yossef au fond? La Torah et la H’assidout en particulier interdisent de se reposer sur un miracle. Elles demandent au contraire de forger le réceptacle, d’emprunter plus exactement les voies de la nature de sorte que D’ envoie son salut par le biais de celui-ci.
2- Qui n’aurait pas vu à l’instar de Yossef la main de D’ lui envoyant ces 2 ministres et leurs rêves comme une porte de sortie ! Quelle est sa faute ?
3- De surcroît lors de l’apparition de ces 2 ministres sur la scène Rachi invoque 2 raisons. La 1ère est que D’ les a envoyé pour faire oublier l’ accusation mensongère d’adultère qui pesait sur Yossef , que l’actualité change de substance et déplace plutôt son halo sur les 2 ministres les plus importants . La 2nde est que Yossef comprenne ainsi que sa délivrance passait par le maître échanson et le maître panetier. Contradiction flagrante avec son commentaire cité au début qui fait état du reproche formulé à l’égard de Yossef eu égard à l’intérêt porté au maître échanson pour être délivré.
En réalité cet épisode pose clairement une question majeure : comment délimiter la frontière entre la confiance que l’on doit mettre en D’ et l’emprunt de voies naturelles pour que Sa bénédiction puisse intervenir effectivement dans le monde. Où s’arrête l’une ? Où commence l’autre ?
La réponse tient en 2 mots, 3 en français, qu’il faut graver dans nos mémoires : « …car Yossef a fait dépendre sa délivrance… ». Voilà l’erreur, l’égarement il fallait forger un réceptacle certes, mais ne pas faire de celui-ci la condition sine qua non de la délivrance. Au contraire c’est, et ce n’est seulement qu’en D’, qu’il faut mettre notre bitah’one, notre confiance. Le réceptacle est nécessaire, obligatoire même, mais ce n’est qu’un moyen pour recevoir la délivrance ! Et si nous accordons au médecin, à la personne qui va intercéder pour nous… une infime partie du pouvoir d’orienter dans le bon ou le mauvais sens l’histoire de notre vie c’est complètement loupé !
Et la conséquence fut que puisque dans l’interprétation du rêve du maître échanson Yossef vit dans les 3 branches une mesure de 3 jours pour que soit libéré ce dernier, lui même fut puni et dut rester encore 3 ans en prison. On compte 3 ans car les 3 jours étant une partie d’une année ils sont comptés comme une année entière, suivis des 2 années effectives avant que le pharaon ne fasse plus tard son rêve et sollicite l’aide de Yossef, le tout forme bien 3 ans !
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