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Cours du Rav Yossef David Cohen résumé par Méir Amzelek.
Nous avons abordé tout au long des cours précédents les différentes techniques indiquées par l’Admour Hazaken en vue de lutter contre un ego surdimensionné en vue de rétablir un juste équilibre intérieur. Car, dans de telles situations, l’Homme est dérangé et ne peut accomplir son service de D. avec un cœur libre et enthousiaste.
Ce nouveau chapitre va continuer de débattre de ce problème, mais cette fois ci dans les situations qui concernent "l’homme et son prochain" et par répercussion "l’homme et son Créateur".
Le Tanya entame ce chapitre en rappelant la Michnah 10 du chapitre 4 du Traité des Pères : «והוי שפל רוח בפני כל אדם Sois humble devant tout homme (sous-entendu Juif ou non-Juif)…». Et le Rambam de souligner que cette Michnah a pour vocation de nous ordonner d’inscrire l’humilité dans nos rapports par cette gymnastique d’entraînement. C’est la répétition qui va nous permettre d’adopter cette Midah, cette "véritable humilité".
L’Admour Hazaken ne va cependant pas se contenter de cette explication de Maïmonide en laquelle il voit une faiblesse du fait que la Michnah ne dit pas «comportes toi» mais «sois», ce qui implique qu’acquérir un bon comportement n’est pas suffisant. Il faut inscrire cette qualité en soi, la graver intérieurement, acquérir une nouvelle nature.
Rabbi Lévi Itsh’ak Schneerson, le père du Rabbi, souligne dans un de ses commentaires du Tanya que «sois» en hébreu est écrit avec 2 vav, et précise que le Zohar dit que le vav est la lettre qui exprime la Vérité. Sa forme désigne la descente de D vers le monde, du haut vers le bas. De surcroît il y a ici 2 vav, soulignant ici un niveau supérieur de vérité: "la Vérité du Vrai". Lire la suite
Le premier stade d’humilité n’aurait pour vérité que le seul fait de manifester à l’autre un comportement agréable, ouvert et non orgueilleux. Comment faire face à celui dont on sait sans faille qu’il est moins généreux, ou moins versé dans l’Etude, ou moins persévérant que nous? Comment regarder cet "autre" avec une humilité véritable qui dépasserait le simple désir d’un bon comportement?
Réponse : en recherchant chez l’autre la qualité que nous ne possédons pas, ainsi que l’affirme d’ailleurs une autre Michnah du Traité des Pères qui affirme que le sage apprend de tout homme.
Ce premier niveau d'humilité n’est cependant pas suffisant, ce n’est pas encore la "Vérité du Vrai"! Pourquoi ? Et bien parce que je peux considérer que la qualité mise à nu chez l’autre et que je ne possède pas est inférieure à la mienne : « Oui c’est un être calme mais il n’a pas les années d’étude que je possède…etc… ». Il vaut mieux que je m’efforce à développer mes propres qualités plutôt que de regarder celle de l’autre avec plus d’importance que la mienne. Ceci induit que pour aller au bout du raisonnement je me dois de regarder l’autre en considérant que cette qualité que je n’ai pas est capitale. Je dois cesser définitivement le regard rigoureux sur l’autre et indulgent envers moi-même.
Il faut maintenant revenir à la précision dans les mots qu’apporte la Michnah. En effet il ne faut pas oublier qu’elle nous demande d’atteindre cette vraie humilité y compris devant le plus léger des légers du genre humain !! Mission impossible?
Non. Il faut, pour cela, se souvenir d’un autre enseignement capital qui nous ordonne de ne jamais juger notre prochain avant d’avoir été à sa place. Son passé, ses conditions de vie… Qui peut juger son mérite d’avoir malgré tout atteint ce qu’il a atteint, impossible.
A suivre……
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